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Quitter pour revenir. Au cours de vos premiers travaux d'investigation, plus vous explorerez le site et plus vous découvrirez : les archives de tout espace sont inépuisables. Plus vous accumulerez de connaissances sur cette situation et plus vous fortifierez le champ de contradictions entre les différents paramètres : ceux du site et du programme, par exemple. Plus vous analyserez les données du lieu et de la demande et moins vous serez capables d'agir. Vous pouvez, si vous n'y prenez pas garde, vous enliser dans la complexité d'une situation paysagère! Vous devez donc régulièrement prendre de la distance par rapport au site, le quitter pour travailler dans votre atelier à partir d'outils spécifiques qui représentent et transposent la réalité. Sur place, vous seriez submergés par le foisonnement des données et vous ne pourriez prendre aucune décision. Le projet commence par une certaine forme de réduction du réel qui donne prise sur lui. Il vous faut assez vite formuler, en atelier, les premières hypothèses, sachant que le travail sur l'espace lui-même ou, plus exactement, sa représentation dans le projet, ouvre des opportunités que la réflexion ou la gestion cumulative des données ne peuvent entrevoir. L’espace a des ressources propres qui permettent de reformuler et d'apaiser certaines contradictions que l'analyse dégage. Les choses s'aboutent par degrés, les pièces se placent ou se déplacent dans une incertitude générale qui est la compagne obligée de tous les maîtres d'œuvre. Cette part irréductible de la secrète subjectivité produit cependant assez rapidement un corps de connaissances et d'idées qui peuvent être transmises. Par là le projet s'entrouvre !
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